Alexander McQueen : Savage Beauty

Je ne vous retracerai pas, dans cet article, la vie d’Alexander McQueen. Avant d’aller à la Press View ce matin, j’avais parcouru quelques articles, mettant en avant une partie différente de l’expo du V&A par rapport à ses débuts américains. La première salle, en effet, met en avant les tout-débuts de ce génie de la haute-couture. L’époque où ses défilés étaient plus un défi personnel qu’une opportunité de vendre, où l’argent manquait. Raw creativity. Tout inventer, tout tailler, tout décaler. Avec l’argent vient le luxe du choix, la sublimation du talent. Mais ces premières années, tout s’ébauche.

Ironie des musées présentant l’histoire de la mode, c’est le visiteur qui défile. Un show émouvant, qui fait appel autant à la beauté des contrastes qu’aux sens. La musique envoûte – classique, féerique, chant d’oiseaux dans une forêt tropicale. A chaque collection son atmosphère – mi ange mi démon. Tout ici, est mélange de style. Le gothique se plante dans une galerie des glaces et s’accessoirise de bondage. Une crypte retrace l’inspiration Romantic Primitivism de McQueen, une fascination pour le monde animal : les vêtements mutent, comme une seconde peau, s’ornent de cornes, de crânes d’alligator. Plus loin, l’esprit château reprend ses droits avec un tartan éblouissant sur des drapés romains. Le kimono aussi fera son entrée, retaillé, modernisé. De loin, les mannequins ressemblent à des geishas. Tout est dans le détail des broderies, dans le détournement d’un casque de football américain, dans l’ajout de coquilles de nacre sous une jupe. D’autres robes fleurissent – un parallèle avec les beautés éphémères. La dernière présentation conclue sur Plato’s Atlantis, à la fois marin et extra-terrestre, sirènes futuristes.

Mais la pièce qui touche au cœur, qui vaut à elle seul la peine de venir est sans hésitation le cabinet de curiosité. Chaque mur est habillé de cases, chacune contenant chaussures surréelles, coiffes époustouflantes, robes en plumes ou en Swarosvski. Quelques modèles tournent sur place, comme si l’on avait ouvert là une boîte à bijou à taille humaine. On s’assoit. L’esprit trace mille parallèles, se balade dans un imaginaire inégalé.

L’expo est à voir et à revoir des dizaines de fois, avec un plaisir exponentiel.
Alexander McQueen : Savage Beauty au V&A
♥  Jusqu’au 02 août 2015 ♥

♥  A noter : Londres sera la seule étape européenne de cette expo. Ne la ratez pas, elle est exceptionnelle! Et si vous venez en Eurostar, votre billet vous donne droit à deux entrées pour le prix d’une
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