David Hockney à la Tate Britain

 

Les sujets d’articles vont et viennent lorsqu’on freelance. Le dernier fut sur le David Hockney Trail dans le Yorkshire, les routes de campagne permettant d’admirer les paysages qui ont inspiré les oeuvres de l’artiste. Des arbres majestueux, des vues plongeantes sur les vallées, des haies d’aubépines en fleurs, des herbes folles parsemées de fleurs sauvages. Et, bien sûr ces couleurs surréelles pour lesquelles il est célèbre, du bleu, du jaune, du violet là où l’on s’y attend le moins… Plutôt que de rêver devant mon écran, j’ai préféré passer voir les toiles de près, à la Tate Modern. La rétrospective retrace 60 ans de sa carrière, quelle belle opportunité de se plonger dans l’univers de David Hockney.

Sa palette de teintes est si éclatante qu’on en oublie sa technique, son message. Hockney, voyez-vous, questionne l’art, constamment. Tenez, dans la première salle, un tableau un jeune homme endormi et l’artiste assis en fond de scène… ou plutôt une toile dans une toile, celle de son autoportrait, en cours… Bel effet d’optique! Ses piscines déjouent l’effet 2D avec les marbrures d’un rayon de soleil, créant soudain comme une danse dans le bleuté. Ce jeu sur l’illusion est récurrent à travers son œuvre, malgré les nombreux styles adoptés. Ses canyons, ses vallées du Yorkshire par exemple sont pensées pour laisser le regard vagabonder plutôt que de l’ancrer sur un détail central. Ses collages, faits de centaines de photos, parfois prises à quelques secondes l’une de l’autre, s’amusent à recréer la réalité, dans un feu d’artifice de polaroids.

Hockney s’est aussi essayé à la vidéo, refusant les conventions. Une pièce, 4 écrans pour 4 saisons, chacun divisé en 9 panneaux filmant une partie de la scène avec un angle légèrement différent des autres. On virevolte – ici les branchages s’épanouissent au printemps, là les flocons tombent, une mosaïque vivante, immersive, un effet inspiré du cubisme. L’artiste réserve toujours à ses invités le meilleur siège, lui offrant pleine vue sur le spectacle. Ses dessins sur iPad, assez enfantin à première vue, reprennent chaque étape du tracé, révélant comme un contraste, une atmosphère s’est créée.

Je pourrais continuer ainsi à l’infini – son pointillisme, son souci du détail, son amour de la géométrie (à admirer particulièrement dans ses représentations de Los Angeles). Allez-y plutôt, c’est l’expo de l’année.

 

David Hockney à la Tate Britain | Du 9 février au 29 mai

 

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