La Women’s March de Londres

 

Ma fille a 11 ans. A l’école, chaque après-midi, la maitresse présente un extrait des infos, en discute avec la classe. Le soir, en marchant jusqu’à la maison, elle m’explique ce qu’elle en a compris, son cheminement de pensée conséquent. On parle écologie, politique, guerre, éducation. Elle approche chaque sujet avec une simplicité (et non une naïveté, j’insiste sur le mot) rafraichissante. Je me dis souvent qu’en tant qu’adultes, vraiment, on complique souvent bien trop les choses. Lorsque des amis m’ont proposé de les rejoindre à la Women’s March, j’ai décidé de l’emmener.

Sa première manif, la mienne aussi d’ailleurs. C’est au croisement de Regent Street et Oxford Street que nous avons aperçu la première pancarte, puis d’autres ici et là, dispersées dans la foule de piétons passant d’une boutique à l’autre, comme des petits confettis. Très vite, il y eut plus de passants avec panneaux sur l’épaule, de bonnets pussyhats que sans. L’atmosphère, elle, était paisible, chaleureuse, pleine d’humour. Un nombre incroyable de familles étaient au rendez-vous, les enfants, d’ailleurs, avaient souvent écrit leur messages en lettres colorées, un brin hésitantes. Les hommes aussi étaient nombreux. En tout, nous étions 100 000 à défiler dans les rues de la capitale.

Ma fille, elle, débordait de questions. Elle a commencé par lire tous ces messages, toutes ces pancartes. Puis elle a mitraillé. Pourquoi ce parallèle entre Brexit et Trump? Comment le rose, utilisé à outrance dans le marketing pour catégoriser les femmes en “girlie” était-il ici un symbole de force? Si le mouvement était tendance sur Twitter, mais que les shows de télé réalité aussi, quelle valeur avait le #? Pourquoi la phrase “Girls just want to have fun-damental rights” était-elle amusante, mais dans le bon sens du terme? Est-ce que Trump et le gouverment britannique prenaient cette marche sérieusement? Est-ce qu’on allait changer le monde? J’ai hésité sur ces deux derniers points. Je ne suis pas sûre de l’impact de cette marche. Après tout, Trump a été élu malgré ses insultes, ses agressions Twitter, ses absurdités, ses contradictions constantes. Comment lui expliquer les posters “2017 and we’re still marching against the same sh*t“?

Que dire d’autre que… si l’on se refuse à utiliser la violence, les mentalités ne changent que très lentement. Mais ils changent. Que soit, il est peu de chance que cette manif fasse une différence, mais il en est une quand même. Par contre, râler chez soi, c’est certain, ne fera jamais rien avancer. Que si les politiciens restent indifférents, tous ces messages tracés à la main sur de simple morceaux de cartons a permis un brainstorming extraordinaire. Que samedi s’étaient rassemblées des personnes d’origine, d’ethnicités, de générations diverses et que parfois, c’est déjà une victoire en soi.

Que le pire qui puisse arriver, finalement, est que personne ne se mobilise, que la vie devienne un programme Netflix de plus, à regarder de son sofa. Que s’il y a une chance infime de changer les choses, il faut la savoir la saisir.

Que tout peut-être résumé par l’une des pancartes aperçues samedi: “Resist“.

 

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2 Comments

  1. 23 Jan ’17 / 11:32

    comment te dire ?
    J’ai deux garçons 14 et 12. Tous les jours, nous avons une conversation liée à l’actualité pour les mêmes raisons, nos enfants entendent ce qui se passe autour d’eux et ont besoin de comprendre.
    Ici aussi aucune naïveté, je dirais même pour l’ado avancé, une immense colère (après le visionnage de I, Daniel Blake, c’était terrible, il était fou de rage et oui la violence à ce moment là résonne, fort très fort, trop fort ?). Mon aîné est féministe mais je déteste ce mot pour ce qu’il ambitionne entre les diverses factions du mouvement. Il est simplement conscient que les choses ne sont pas normales et que les divergences ne sont pas justes. Ma lutte commence par l’éducation de mes garçons ! Et même s’il est toujours difficile de leur faire passer l’aspirateur, je sais que c’est juste l’adolescence qui parle et non les hormones

    • Chocoralie
      25 Jan ’17 / 20:00

      @Bellis Winter C’est rassurant car en parallèle, j’entends un génération de 20-25 ans… qui ne voient pas de différence, et c’est tant mieux… Sauf au moment où la fille veut faire carrière, avoir des promotions, une augmentation de salaire, faire des enfants. C’est là que les petites phrases dérapent, que les collègues hommes ont la promo à leur place, etc… Hum! Et tu as raison, c’est la nouvelle génération qui changera les choses. Petit à petit…

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