Adventures in Moominland

 

 

Enfant, j’ai beaucoup voyagé. Les livres, très vite, sont devenus des compagnons. Je l’ai ouvrais au début du trajet, tentais d’en finir l’histoire en descendant de l’avion, du train, de la voiture. Je dévorais, passant d’un conte à l’autre. Parmi ces mondes imaginaires, celui des Moumines m’a enchanté bien des fois, au point d’en user les pages. Un savant mélange d’humour, d’aventures, de créatures fantastiques mais toujours touchantes, de paysages scandinaves parfois poétiques, parfois dramatiques, l’omniprésence de la nature, les illustrations saisissantes. Moominland ou l’évasion parfaite. A l’annonce d’une exposition sur ce thème au Southbank Centre, j’avoue, mon cœur a fait un petit bond.

Une expérience immersive, annonce le site. En effet, il ne s’agit pas d’une suite de dessins affichés au mur mais d’un espace créatif, d’un voyage initiatique. Aucun texte donc mais un guide, des sons, des extraits lus. On se faufile d’un espace à l’autre – une tente, une grotte, une jungle, un radeau, une île déserte, un phare, une forêt en hiver, un phare, une chaumière chaleureuse. On marche tour à tour sur du sable, des feuilles, de la neige, des planches de bois. A chaque lieu ses parfums, senteurs fumées d’un feu de bois, fleurs tropicale, brise marine. Chaque scène plonge dans un passage de la vie des Moumines, avec ici et là, cachés dans le décor, des esquisses originales soulignant le talent de l’auteur.

En parallèle se déroule la vie de Tove Jansson. Née d’un père sculpteur et d’une mère graphiste, l’inspiration artistique était forcément de son côté. A 15 ans, elle était déjà publiée dans le magazine libéral et satirique Garm. Comme sa mère. Elles y contribuèrent toutes deux jusqu’à ce que celui-ci s’éteigne. Avec la Seconde Guerre Mondiale, Tove perd l’envie de peindre de belles images : autour d’elle, les couleurs s’effacent. Elle publie Moomin et la grande inondation, Une comète au pays de Moumine à considérer d’un regard d’adulte, cette fois. Ces catastrophes naturelles font référence à la guerre : une fuite perpétuelle, une recherche d’abri, tenter de survivre, la peur de la bombe atomique. Des thèmes sombres, souvent, avec chaque fois une fin heureuse. La vallée de Moumines, par exemple, que l’on dévouvre en sortant d’une caverne un peu sombre avec ses lianes, ses fleurs, ses papillons : quel beau symbole d’espoir, de renouveau d’après-guerre.

On apprend quelques secrets au passage. Tove Jansson eut une histoire d’amour, passionnée mais courte avec Vivicka du temps où l’homosexualité était encore illégale en Finlande. De là naissent deux personnages, Bob et Boules de Gomme, toujours main dans la main, toujours accompagnés d’une valise mystérieuse. Dans celle-ci, un rubis, symbole de leur amour interdit. Moumine et la mer, par contre, aborde la relation avec son père, la perte d’identité. Vous apercevrez même son île déserte, sur laquelle elle fit construire une maison d’été. Il fallut dynamiter une partie des rochers, le trou fut trop grand. Qu’à cela ne tienne, décida-t-elle, nous aurons un sauna au sous-sol!

2017 s’annonce sous le signe des Moumines. Kew Gardens lance à Pâques trois semaines d’activités enfants spécial Moumines, tandis que la Dulwich Picture Gallery lancera une rétrospective Tove Jansonn (histoire de découvrir le reste de son œuvre, peinture, fresques…). Et puis, une nouvelle série de dessins animés va être produite, pas moins de 52 épisodes. Les plus aventureux iront découvrir le nouveau musée sur Tampere en Finlande, ou même le parc d’attraction au Japon qui ouvrent tous deux leurs portes l’an prochain…

 

Adventures in Moominland, au Southbank Centre, jusqu’au 23 avril 2017

 
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